Keiko Suyama, fondatrice de Bijo;, raconte l’art du soin japonais
Rencontre
Rencontre
Publié le 7 septembre 2026
Fondatrice du concept-store Bijo;, Keiko Suyama inaugure un bar à beauté japonais à l’occasion de l’exposition de rentrée Super Japon. Le 2ème étage du Bon Marché Rive Gauche se transforme pour l’occasion en un bar à beauté riche en programmation.
Amoureuse des gestes et des rituels, l’entrepreneuse considère le soin comme une preuve d’apaisement et non seulement d’embellissement. Toucher avec intention serait finalement la meilleure façon de mesurer son état physique et émotionnel, de guérir. Et c’est avec cette approche résolument intime qu’elle nous partage sa philosophie… japonaise, évidemment.
« Je suis arrivée en France il y a 25 ans. Pendant ce temps, j’ai pu observer des évolutions majeures dans le soin, le rapport à la beauté, l’intérêt des femmes, mais aussi des hommes, la précision de leurs besoins. Le concept-store Bijo; est né d’une addition d’occasions. Alors que je résidais déjà en France, une marque japonaise m’a contactée pour l’épauler et l’aider à entrer sur le marché européen. En 2010, personne ne représentait le soin japonais en France, c’était très niche. Mon carnet d’adresses de marques nippones s’est alors étoffé et c’est d’ailleurs Le Bon Marché qui fut le premier à me faire confiance pour les présenter à sa clientèle. »
« Aux débuts de Bijo;, nous éparpillions les marques et produits dans les différents espaces : les ongles avec les autres marques d’ongles du grand magasin, les produits visages avec les autres produits visages, etc. Nous nous sommes rapidement rendu compte que cela n’avait pas vraiment de sens : le soin japonais est global, il se compose de gestes et de rituels que l’on ne peut pas séparer. J’ai donc travaillé à ce que cela se voit et se comprenne. Aujourd’hui, nous racontons les histoires du Japon, des marques, des hommes et des femmes.
En 2020, alors que les confinements se répètent et que la maladie se fraie un chemin dans les esprits, Le Bon Marché me fait confiance pour imaginer des pop-ups successifs (cinq au total) au rez-de-chaussée. La beauté japonaise fait figure de guérison, de soin, d’hospitalité, d’expérience et de sensorialité. Dans un espace-temps qui en a cruellement besoin, Bijo; s’impose comme un réconfort. »
« Le soin japonais ne se résume pas seulement à des formulations, c’est une expérience à part entière, des services, une attitude, une politesse, une écoute, une relaxation, un ralentissement. Il est impensable pour moi de considérer ma routine personnelle sans mes vingt minutes de massage pour dégonfler et apaiser mon visage et mon cuir chevelu. C’est une manière pour moi de me reconnecter à mon corps, de savoir si des zones sont contractées, fatiguées.
Le soin japonais porte en lui une approche qui se distingue fondamentalement de ceux pensés en Europe, notamment par des marques établies : il est moins tourné vers les gestes et plus vers l’efficacité. Chez nous, il s’agit d’une addition des ingrédients, des formulations, des histoires et de la richesse, nos principaux chevaux de bataille. »
« L’espace que nous avons imaginé pour l’exposition Super Japon symbolise d’ailleurs bien notre approche. C'est une façon d’expérimenter véritablement la beauté japonaise en alliant la technologie, l’innovation aux soins et aux rituels. Un grand espace bar occupe la majorité de l’espace : on s’y assied pour essayer les beauty tech, les massages, les soins. Et tous les week-ends, nous animons une dizaine d’expériences inédites tout au long de l’exposition. Autour du bar s’érigent six espaces : un espace de petits konbinis, le maquillage, la beauté technologique, le soin naturel et le bien-être autant pour les humains que pour les animaux. Une manière de tester, de découvrir, de mêler innovation et créativité, tradition et modernité. »