Les 4 Confessions Créatives de Lise Guitton, fondatrice de Inoui Éditions
Publié le 11 mai 2026
Des dessins colorés qui vibrent sur des foulards et des carrés de soie. Des épreuves artistiques qui viennent ponctuer le textile pour raconter une histoire. Des esquisses qui réinterprètent les archives des musées. Cette démarche est celle portée par Lise Guitton, fondatrice de Inoui Éditions, une marque tout autant artistique et onirique que fantastique et imaginaire. Pour La Gazette, elle nous partage ses quatre Confessions Créatives.
une approche
« Inoui Éditions est un condensé de rencontres et d’opportunités. Il y a dix-sept ans, créer une marque était différent. Alors que nous n’avions pas même un an, Le Bon Marché nous faisait déjà confiance en nous donnant l’occasion d’exposer sur quelques étagères. Au fil des années, notre espace à grandi, nos pièces se sont élargies, notre signature aussi. Aujourd’hui, nous imaginons des carrés de soie, des écharpes, des foutas et quelques pièces de maroquinerie. De grands tableaux sur lesquels nous apposons nos imprimés, nos paysages, nos scènes imaginaires. »
Une rencontre
« Dans une précédente vie professionnelle, Mathilde travaillait avec moi, et nous collaborions avec de grandes maisons de couture au sein du bureau de style que j’avais fondé. Lorsque l’occasion de créer ma marque s’est présentée, je me suis naturellement tournée vers elle pour faire équipe. Les relations tissées au fil des années sont une vraie richesse à mes yeux, je suis fidèle à celles et ceux qui m’entourent. Certaines personnes sont là depuis la création de la marque, comme cette usine familiale en Inde avec qui je collabore depuis le premier jour. Force est de constater que dix-sept ans plus tard, nos relations n’ont cessé de se préciser, de s’enrichir, de se développer. Ils m’invitent chez eux. Je les invite chez moi. Nous sommes amis. »
Un art
« J’adore les musées pour les histoires qu’ils racontent, pour toutes les archives qu’ils détiennent. Alors, naturellement, pouvoir collaborer avec ces lieux était un rêve. Lors de mes nombreux voyages en Grèce, j’ai fait la rencontre de la curatrice du Musée Bénaki. Ensemble, nous avons décidé de créer quelque chose à partir des archives. Avec un photographe et une dessinatrice, nous avons composé les couleurs et les dessins que nous pouvions imaginer sur des foulards et des sacs. Cette collection a été très appréciée et a initié le début d’une collaboration avec de nombreux musées : la Toile de Jouy, la Bibliothèque nationale Française (BnF) et puis le Musée du Louvre. Ce sont des terrains de jeux immensément inspirants. On lâche notre équipe de style dans le Louvre, un mardi, lorsque tout est fermé, on observe, on retient ce qui nous plaît, on prend des photos et on redessine ensuite entièrement, en réinterprétant à notre manière. »
Un artisanat
« Dans un monde qui accélère et où l’intelligence artificielle s’étend aux métiers créatifs, je suis heureuse de pouvoir dire que chez nous, toutes nos pièces sont fabriquées à la main. Nous dessinons au crayon, nous concevons nos couleurs, nous fabriquons nos matières, nous sérigraphions manuellement. Nous sommes d’ailleurs l’une des dernières marques à imprimer au cadre. Cela signifie que le passage d’un dessin avec douze couleurs nécessitera douze passages de cadres de sérigraphie. Des pièces uniques, comme des œuvres d’art que l’on porte au quotidien. »