Daniel Buren en 5 mots clés

Art & Culture
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Publié le 5 janvier 2024


L’artiste français Daniel Buren partage sa vision radicale de l’art au Bon Marché Rive Gauche. Avec l’exposition « Aux Beaux Carrés : travaux in situ », Le Bon Marché invite pour sa neuvième Carte blanche l’artiste de renommée internationale. Il analyse, interroge et met en valeur le lieu en révélant ses particularités. Découvrez, à travers son lexique personnel, tout ce qui caractérise son travail pour Le Bon Marché Rive Gauche.



*Citations extraites de l’interview de Daniel Buren réalisée par la critique d’art et historienne Anne Baldassari pour le catalogue de l’exposition « Aux Beaux Carrés : travaux in situ » au Bon Marché Rive Gauche disponible à partir du 2 février à la Librairie.



Photo-souvenir : Daniel Buren, Chemnitz (Allemagne), 2012 © eins / Ulf Dahl


In situ

Le concept signature : Comment révéler un espace ? Daniel Buren explore cette question depuis ses débuts. Loin de la laisser sans réponse, l’artiste l’a placée au cœur de son processus créatif. Dès 1965, il confronte son art aux lieux qu’il investit. Il réalise en effet un travail in situ, sans atelier. L’artiste exécute ses œuvres dans leur environnement. À chaque étape, les créations transforment la surface dans laquelle elles s’inscrivent. Elles en modifient les contours, offrant un nouveau regard, de nouveaux points de vue, une perspective renouvelée et un redimensionnement de l'espace à travers l’utilisation de volumes, couleurs, jeux de contrastes et de lumières.

 

Sa place au Bon Marché : L’exposition dévoile des œuvres monumentales in situ dans différents espaces du grand magasin. À l’extérieur, l’artiste intervient sur les vitrines de façon minimaliste, et les rétroéclaire depuis l’intérieur. Sous les verrières centrales du Bon Marché Rive Gauche, Daniel Buren suspend une multitude de carrés en polycarbonate blancs d'un côté, roses de l’autre, disposés en quinconce— à la manière d’un damier, en allusion aux carreaux des verrières historiques. Enfin, au second étage, on découvre les Cabanes éclatées, l’une jaune, l’autre bleue, constructions iconiques de l’artiste.


Le mot de l’artiste : « Ce « motif » est le résultat de l’application de l’un des principes anciens et constants de mon travail d’associer un plein et un vide. »





Photo-souvenir

Daniel Buren

Zick-Zack-Fries für eine Fassade. Fünf Farben, weisse und transparente Streifen, travail in situ

Neues Museum, Nuremberg, Octobre 2009

© DB-ADAGP Paris, 2024

Lumière

Le concept signature : Qu’elle jaillisse de l’extérieur, d’éléments réflecteurs ou de sources éclairantes naturelles, la lumière fait partie intégrante de l'œuvre de Daniel Buren. Avec elle, il s’emploie à créer de nouveaux effets. Ce travail scrupuleux de la lumière offre une relecture de l’espace et de l'œuvre.


Sa place au Bon Marché : L’artiste a confié l’éclairage de ses oeuvres au concepteur lumière Madjid Hakimi, avec lequel il a déjà collaboré à l’Opéra Bastille de Paris, pour la scénographie du ballet Daphnis et Chloé par Benjamin Millepied sur une musique de Maurice Ravel.


Le mot de l’artiste : « Au Bon Marché, la conception des lumières est essentielle à la perception du travail in situ. »



Photo-souvenir

Daniel Buren

Scénographie - travail in situ pour « Daphnis et Chloé », Ravel / Millepied

Opéra Bastille, Paris, Mai 2014

Crédit photo : © Agathe Poupeney – OnP

© DB-ADAGP Paris, 2024

Outil visuel

Le concept signature : ll est né d’un déclic vécu par Daniel Buren au marché Saint-Pierre de Paris lorsqu’il acheta des tissus ornés de bandes régulières. Depuis l’artiste, qui a rebaptisé ce motif “outil visuel”, en a fait un élément invariable dans son art — tout en redonnant ses lettres de noblesse à la répétition. Les bandes verticales alternées blanches et colorées font toujours 8,7 centimètres de large. Daniel Buren s’empare de cet outil pour créer des travaux, entre peinture, sculpture et architecture.


Sa place au Bon Marché : L’outil visuel dialogue avec les éléments architecturaux du grand magasin. Il renouvelle les escalators croisés, renforce ses obliques et marque l’axe séparant chacun des travaux exécutés sous les deux verrières. Daniel Buren l’intègre également, sur différents supports, dont les colonnes de la rue de Sèvres.


Le mot de l’artiste : « L’outil visuel permet à la fois de signaler l’irruption du travail dans un lieu X, de rattacher ce travail à une logique de production en renvoyant à d’autres interventions similaires (...) et enfin à interagir avec le lieu lui-même, ses fonctions, ses usages, ses qualités. »



Photo-souvenir

Daniel Buren

Painting-Sculpture, travail in situ In « VI Guggenheim International Exhibition », Solomon R.

Guggenheim Museum, New-York Février 1971

Travail censuré avant l’ouverture de l’exposition

© DB-ADAGP Paris, 2024

Couleurs

Le concept signature : Daniel Buren crée une œuvre, où les couleurs ont une place d’importance. Sans refléter un goût personnel, les tonalités sont choisies pour leurs qualités intrinsèques.


Sa place au Bon Marché : En magasin, les œuvres sont placées par espace dans l’ordre alphabétique de leur apparition, blanc et rose sous les verrières, bleu et jaune pour les Cabanes éclatées. Un choix de colorimétrie totalement inédit s'opère pour les vitrines de la rue de Sèvres. L’artiste de manière complètement arbitraire a choisi une gamme sombre allant du bleu foncé au violet et marron pour les carrés. Ceux-ci s’alternent avec des carrés blancs traduisant un réel effet de contraste.


Le mot de l’artiste : « La couleur extérieure, solaire, qui nous environne est pour moi « la » couleur. »



Photo-souvenir

Daniel Buren

Zick-Zack-Fries für eine Fassade. Fünf Farben, weisse und transparente Streifen, travail in situ

Neues Museum, Nuremberg

Octobre 2009

© DB-ADAGP Paris, 2024

Cabanes éclatées

Le concept signature : Éléments récurrents de l'œuvre de Daniel Buren depuis 1975, les Cabanes éclatées sont des travaux colorés, dans lesquels il invite les visiteurs à déambuler, tout en profitant des multiples perspectives.


Sa place au Bon Marché : Installées au deuxième étage du grand magasin, les deux cabanes, composées de carrés d’une cinquantaine de centimètres, sont de couleur bleue et jaune. Elles réservent une expérience immersive provoquée par une combinaison de couleurs, de matières et de miroirs réfléchissant la lumière.


Le mot de l’artiste : « Dans ces cabanes de panneaux transparents et translucides, le public pourra déambuler au moyen de passages. Les portes des cabanes seront « explosées » hors de leurs positions initiales et se trouveront collées sur les murs réfléchissants. »




Photo-souvenir

Daniel Buren

Color Transparency : Exploded Cabins 26A and 26B, travail in situ

Kunsthalle Portikus, Francfort

Novembre 1998

Crédit Photo © Wolfgang Günzel

© DB-ADAGP Paris, 2024

« Aux Beaux Carrés : travaux in situ » par Daniel Buren

Du 9 janvier au 18 février, découvrez les créations originales de Daniel Buren au Bon Marché Rive Gauche.