L'artiste & ses oeuvres

< Retour au listing

Jean-Michel Alberola

Jean-Michel Alberola est né en 1953 à Saïda en Algérie. Arrivé en France en 1962, il s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille. Il expose pour la première fois en 1982, aux ateliers de l’ARC (Animation-Recherche-Confrontation) au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris et occupe depuis une place importante sur la scène artistique française. L’œuvre de Jean-Michel Alberola se caractérise par une pluralité de médiums : il travaille aussi bien la peinture, la sculpture que le cinéma et élabore lui-même certains de ses catalogues d’exposition.

Les oeuvres exposées

© Jean-Michel Alberola, ADAGP, Paris 2016 © Jean-Michel Alberola, ADAGP, Paris 2016

Celui qui se caresse les poils de son menton, 2004-2007

Huile sur toile
116 x 89 cm
Action mécénat 2007

Celui qui caresse les poils de son menton (2004-2007) reflète l’esthétique du fragment chère à Jean-Michel Alberola. Il s’agit d’un véritable processus d’élaboration de la toile mais aussi d’une définition de la peinture. L’hétérogénéité de ses œuvres traduit la vision plurielle qu’il porte sur le monde. L’héritage de Dada, significatif pour l’artiste, se ressent : il a choisi de ne plus représenter le monde mais de le reconfigurer à sa manière.
L’artiste pense ses toiles lentement et les exécute sur une durée prolongée ainsi que le confirment les datations. Il s’éloigne quelques temps de l’atelier, comme pour mettre la toile à distance, puis y revient. A chaque passage il l’enrichit, sous forme de dépôts successifs de peinture qui fonctionnent comme autant de couches d’expériences.
Le tableau présente un assemblage d’aplats de couleurs, inscrivant l’œuvre dans une double tradition : l’une abstraite, affirmant l’autosuffisance du médium, l’autre figurative, laissant affleurer par endroit des éléments identifiables, fragments de décor (fauteuil, route, pan de mur) ou parties d’un corps humain. Ces dernières donnent d’ailleurs leur sens au tableau comme le suggère le titre dans toute son ambivalence. Dans sa composante dramatique, il rappelle l’importance que les horreurs de la Seconde Guerre mondiale – et Auschwitz en particulier – pour toute une génération d’artistes tels Joseph Beuys, Christian Boltanski ou François Rouan, et Jean-Michel Alberola. Une fracture irréversible s’est opérée dans l’art moderne, « le monde ne peut plus être appréhendé dans la continuité », le corps ne se pense que fractionné. Pourtant la reconstruction est possible. Le monde et les corps, en lambeaux, peuvent être réassemblés, suturés, la peinture devenant organisme vivant, « peau » selon le terme de l’artiste. Mais il serait dommage d’occulter la composante humoristique et légère du titre. Car quel est donc cet homme qui se caresse le menton ? N’est-ce pas le spectateur, légèrement perplexe devant l’œuvre, et soudain intégré en elle dans un effet miroir ?

V.S.

© Jean-Michel Alberola, ADAGP, Paris 2016 © Jean-Michel Alberola, ADAGP, Paris 2016

Enrique Malatesta. Le passage de Malatesta à Londres, 1996-2002

Huile sur toile
162 x 150 cm
Action mécénat 2004

Le passage d’Enrique Malatesta à Londres (1996-2002), constitue probablement la première toile d’une série homonyme, les suivantes étant toutes postérieures à 2000. Multiplier les œuvres sur un même thème est une constante de la démarche de l’artiste, traduisant l’impossible unicité du regard, mais aussi le refus de définir le « bon » tableau, celui qui surpasserait tous les autres. Le titre se réfère à Enrique Malatesta (1853-1932), célèbre anarchiste italien, et affiche sans ambiguïté une dimension politique centrale dans l’œuvre de l’artiste, particulièrement dans cette série. Si Jean-Michel Alberola n’a jamais caché sa sympathie pour les idées anarchistes, il exprime ses opinions avec discrétion et prudence. Plus intéressant encore, il en fait le fruit d’une interrogation dans et de la peinture, posant en parallèle la question de la légitimité des cultes idéologiques et politiques et celle de l’engagement de l’artiste dans le monde.
Car selon Jean-Michel Alberola, l’artiste doit être partie prenante du monde réel, loin d’une imagerie romantique l’enfermant dans le ressassement de ses obsessions. Il distingue deux manières de travailler : « peindre en pensant la peinture ou peindre en pensant le monde. La seule chose qui m’intéresse : peindre en pensant le monde, pour penser le monde je suis obligé de sortir de l’histoire de l’art» . La peinture a ainsi pour mission de prendre en charge les incohérences et les insuffisances de la réalité, en dialogue constant avec elle, accueillant à son tour le désordre ou le doute. Les compositions de Jean-Michel Alberola désorientent. Cette toile semble constituée de fragments hétérogènes, de pans superposés au fil du temps, à la manière d’un palimpseste. Et c’est à notre regard, bien réel, de dialoguer avec l’œuvre, et de procéder librement à un nouvel assemblage.

V.S.

© Jean-Michel Alberola, ADAGP, Paris 2016 © Jean-Michel Alberola, ADAGP, Paris 2016

Toi-même, 1998

Gouache sur papier
136 x 120 cm
Action mécénat 2010

Toi-même, (1998) est fidèle au processus de création du peintre : l’assemblage. Jean-Michel Alberola travaille avec des éléments qui ne sont traditionnellement pas picturaux, les mots. L’attention qu’il porte au langage et à ses outils est visible dans l’ensemble de sa production, dans les titres donnés aux œuvres comme dans l’utilisation qu’il en fait dans les toiles mêmes. La question de l’intégration des mots dans la peinture guide l’analyse vers une parenté entre le travail de Jean-Michel Alberola et l’esthétique orientale. Dans les peintures chinoises ou japonaises, l’idéogramme a une nature hybride entre l’outil lexical et l’image. Contrairement à la tradition picturale occidentale, l’écriture et la peinture ne sont pas séparées. Jean-Michel Alberola travaille à leur réconciliation dans sa peinture. Les mots deviennent des éléments plastiques propres, ils sont formes et en même temps se donnent à lire. Leur sens est pourtant difficilement discernable, l’usage qu’il fait des mots et des citations a été souvent comparé aux haïkus, petits poèmes japonais dont le but est plus de fixer une émotion ou une impression en un saisissement simultané d’images à un instant précis, que de présenter une narration traditionnelle aux enchaînements développés. Dans les peintures de Jean-Michel Alberola, les déclarations ont un caractère sibyllin, petits oracles auxquels notre esprit cherchera désespérément à trouver une explication rationnelle. Les formules sont lapidaires et brèves. Les mots peuvent être utilisés par l’artiste pour dénoncer la faiblesse de la peinture seule, réclamant la pureté qui lui revient.

V.S.

Ajouter un produit à votre commande

Fermer

Recherche

Fermer

Veuillez saisir au minimum 2 caractères pour faire une recherche.

Confirmation

Fermer
Le produit a bien été ajouté à votre commande.

La newsletter du Bon Marché Rive Gauche et de 24 Sèvres

Fermer

Votre inscription a bien été enregistrée.

* Champs obligatoires

Les données collectées sont traitées par Le Bon Marché Rive Gauche et/ou La Grande Epicerie de Paris, responsables du traitement, aux fins de vous permettre de recevoir des communications du Bon Marché et/ou de La Grande Epicerie et/ou de ses partenaires si vous avez coché la ou les cases correspondantes. Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978] vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification ainsi que d’opposition pour des motifs légitimes aux informations vous concernant, que vous pouvez exercer en vous adressant ici